Cacao, anacarde : la Côte d'Ivoire transforme plus, mais capte-t-elle vraiment la valeur ?

739 000 tonnes de cacao broyées, 660 000 tonnes de cajou traitées : les usines tournent. Reste la vraie bataille : le produit fini, la marque, le client.

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Cacao, anacarde : la Côte d'Ivoire transforme plus, mais capte-t-elle vraiment la valeur ?

Pendant des décennies, la Côte d'Ivoire a surtout exporté des fèves de cacao et des noix de cajou brutes. Elle est aujourd'hui présentée comme le premier broyeur mondial de cacao et le troisième transformateur de noix de cajou. Le basculement industriel est réel. Mais transformer une fève en beurre ou décortiquer une noix ne signifie pas encore fabriquer, commercialiser et distribuer un produit fini sous une marque ivoirienne.

Un sac de fèves quitte une plantation ivoirienne, rejoint San Pedro, traverse la mer, puis entre dans une usine européenne. Quelques semaines plus tard, une partie de ce cacao réapparaît sous la forme d'une tablette emballée, commercialisée et vendue beaucoup plus cher.

Pendant longtemps, c'est hors de Côte d'Ivoire que se déroulaient l'essentiel des opérations industrielles, de la formulation, du marketing et de la distribution.

Le pays n'a pourtant jamais été totalement dépourvu d'usines. Des unités de broyage et des industries agroalimentaires existent depuis plusieurs décennies. Mais, jusqu'à une période récente, la structure des exportations est restée dominée par les matières premières et les produits peu élaborés. Le précédent Plan national de développement estimait encore que les produits manufacturés ne représentaient qu'environ 15 à 20 % des exportations ivoiriennes.

La transformation locale doit maintenant permettre de conserver davantage de valeur, d'emplois et de compétences dans le pays.

Mais devenir premier broyeur mondial suffit-il à parler de victoire industrielle ?

La réponse courte

La Côte d'Ivoire a accompli un progrès considérable dans la première transformation du cacao et de l'anacarde.

En 2024, elle a transformé environ 739 000 tonnes de cacao, contre près de 620 000 tonnes en 2021. Le taux officiel de transformation est passé de 26 à environ 42 %. Sa capacité de broyage avoisine désormais un million de tonnes par an, ce qui lui vaut d'être présentée par le gouvernement et l'Organisation internationale du cacao comme le premier centre mondial de broyage.

L'anacarde a progressé encore plus rapidement. Le volume transformé est passé de moins de 140 000 tonnes en 2021 à environ 340 000 tonnes en 2024. En 2025, les autorités annoncent plus de 660 000 tonnes traitées localement, sur une production supérieure à 1,5 million de tonnes.

Mais le pays demeure principalement positionné sur les produits intermédiaires : beurre et poudre de cacao, pâte, amandes de cajou décortiquées.

La tablette de chocolat, la cajou assaisonnée, l'emballage, la marque, la distribution et l'accès au consommateur constituent encore les marches les plus difficiles.

Les quatre marches de la valeur

Pour comprendre où en est réellement le « Made in Côte d'Ivoire », il faut distinguer quatre niveaux.

Marche Exemple dans le cacao Exemple dans l'anacarde
Matière brute Fèves séchées Noix brutes
Première transformation Masse, beurre et poudre Amandes décortiquées
Produit fini Tablette, pâte à tartiner, boisson Cajou grillée, salée ou incorporée
Marque et distribution Emballage, marketing, exportation, vente Conditionnement, réseau commercial, relation client

Chaque marche ajoute des opérations, des emplois, des risques et de la valeur.

Une usine qui vend du beurre de cacao à une multinationale accomplit un travail industriel important. Elle ne capte cependant pas les mêmes marges qu'une entreprise qui formule le chocolat, possède la marque et vend directement la tablette dans plusieurs pays.

Pourquoi transformer est devenu la bataille économique centrale

La transformation locale peut d'abord créer des emplois industriels : opérateurs, techniciens de maintenance, contrôleurs qualité, logisticiens et responsables de production.

Elle développe aussi un écosystème de fournisseurs : transport, emballage, stockage, nettoyage industriel, laboratoires, restauration du personnel, sécurité et gestion des déchets.

Elle permet enfin de diversifier les exportations. Un pays qui vend plusieurs produits dérivés est généralement moins dépendant d'un seul marché que celui qui exporte uniquement une matière brute.

Mais une usine n'est pas automatiquement rentable parce qu'elle est construite près des plantations. Elle doit acheter et stocker la récolte, financer ses machines, payer l'électricité, trouver des techniciens, respecter les normes sanitaires et vendre régulièrement sa production.

Lorsque l'un de ces éléments manque, une capacité industrielle peut rester partiellement inutilisée.

Cacao : environ 739 000 tonnes broyées en 2024

Le diagnostic du PND 2026-2030 retient un volume de 739 027 tonnes de cacao transformées en 2024, contre 619 529 tonnes en 2021. Le taux de transformation est ainsi passé de 26 à environ 42 % sur la période.

Lors de l'inauguration du complexe Transcao PK24 en juin 2025, le gouvernement a avancé un chiffre arrondi de 750 000 tonnes de fèves transformées localement et une capacité annuelle installée de 1 065 000 tonnes. Cette capacité inclut notamment la nouvelle unité Transcao, dotée de 50 000 tonnes annuelles.

Les deux chiffres ne sont pas nécessairement contradictoires : 739 027 tonnes correspond au bilan de 2024, tandis que 750 000 tonnes est un ordre de grandeur communiqué au milieu de l'année 2025.

La capacité d'un peu plus d'un million de tonnes, elle, indique ce que les usines pourraient théoriquement transformer lorsqu'elles fonctionnent dans les conditions prévues.

Les principaux indicateurs du cacao

Indicateur Valeur Référence
Production nationale Environ 1,89 million de tonnes 2024
Volume transformé 739 027 tonnes 2024
Taux de transformation Environ 42 % 2024
Volume annoncé Environ 750 000 tonnes Juin 2025
Capacité installée annoncée 1 065 000 tonnes par an Juin 2025
Position mondiale Premier broyeur selon les autorités et l'ICCO 2025-2026

La production nationale et le broyage ne doivent cependant pas être comparés mécaniquement lorsqu'ils ne couvrent pas la même campagne. Les usines peuvent utiliser des stocks constitués précédemment, tandis que les campagnes agricoles chevauchent deux années civiles.

Capacité installée ne signifie pas production réalisée

Une usine capable de traiter 100 000 tonnes par an ne transformera pas nécessairement 100 000 tonnes.

Elle peut manquer de fèves au moment où les prix internationaux sont élevés. Elle peut ne pas obtenir suffisamment de crédit pour acheter la récolte. Une ligne peut s'arrêter pour maintenance ou manquer de pièces détachées.

Les capacités installées indiquent donc le potentiel industriel. Les volumes transformés mesurent l'activité réelle.

Cette distinction est essentielle pour juger les politiques publiques. Inaugurer une usine est une étape ; la faire tourner régulièrement, payer ses fournisseurs et trouver des acheteurs en est une autre.

Broyer n'est pas chocolater

Le broyage transforme les fèves nettoyées et torréfiées en masse de cacao. Cette masse peut être pressée pour produire du beurre et de la poudre.

Ces produits sont plus élaborés que la fève et peuvent être exportés vers des fabricants de chocolat.

Mais la tablette demande encore plusieurs étapes : formulation, mélange avec du sucre ou du lait, raffinage, conchage, tempérage, moulage, emballage et distribution.

La Côte d'Ivoire est donc devenue une puissance de la deuxième marche, celle des produits semi-finis. Elle n'est pas encore une puissance mondiale des troisième et quatrième marches : produit fini et marque.

Des chocolatiers ivoiriens existent, mais leur poids reste limité

Des entreprises comme MonChoco et Le Chocolatier Ivoirien revendiquent une fabrication locale allant de la fève à la tablette. Le pays met aussi en avant son savoir-faire lors de salons internationaux et présente désormais du chocolat ivoirien aux côtés d'autres produits transformés comme les noix de cajou conditionnées.

Ces marques montrent qu'une filière ivoirienne du chocolat fini peut émerger.

Elles restent toutefois de petite taille face aux volumes du broyage industriel et aux géants mondiaux du chocolat. Aucune donnée publique régulière ne permet encore de mesurer précisément la part de la récolte transformée en tablettes, confiseries ou pâtes à tartiner commercialisées sous des marques ivoiriennes.

Le défi n'est pas seulement de fabriquer. Il faut aussi disposer d'emballages compétitifs, obtenir des certifications, financer les stocks, accéder aux supermarchés et construire une marque reconnue.

L'objectif actuel : 50 % de cacao transformé d'ici 2030

Les ambitions officielles ont évolué au fil des années. Des communications antérieures évoquaient un taux de 50 % à très court terme, voire une transformation intégrale à l'horizon 2030.

Le cadre adopté dans le PND 2026-2030 retient désormais une trajectoire plus prudente : faire passer le taux de transformation du cacao de 42 % en 2024 à 50 % en 2030. Une présentation gouvernementale de juillet 2026 confirme cet objectif.

Il ne faut donc pas présenter la transformation intégrale de la récolte en 2030 comme un résultat programmé et sécurisé.

Et même 100 % de première transformation ne signifierait pas que tout le cacao serait vendu sous forme de chocolat ivoirien. Le beurre, la poudre et la masse resteraient des produits semi-finis.

Anacarde : l'accélération la plus spectaculaire

La progression de la transformation de l'anacarde est plus récente.

Le taux national était encore inférieur à 10 % en 2018. Le PND retient environ 340 000 tonnes de noix brutes transformées en 2024, soit 36,4 % selon sa méthode de calcul. Une estimation de l'African Cashew Alliance situe le volume à 344 000 tonnes, mais aboutit à un taux de 28 %, en utilisant une estimation différente de la production nationale.

Cette divergence illustre la nécessité de toujours regarder le dénominateur.

Selon que l'on rapporte les volumes traités à la récolte déclarée, à la production estimée ou aux achats commercialisés pendant la campagne, le taux obtenu change.

En février 2026, le gouvernement a annoncé qu'en 2025 :

  • la production avait dépassé 1,5 million de tonnes ;
  • plus de 660 000 tonnes avaient été transformées localement ;
  • le taux de transformation avait dépassé 42 % ;
  • 37 usines étaient installées, dont 24 détenues majoritairement par des capitaux ivoiriens ;
  • la filière représentait près de 20 000 emplois directs, occupés à environ 66 % par des femmes.

Le gouvernement a ensuite communiqué un taux de 43,2 % et une capacité installée proche de 821 000 tonnes par an en 2025.

Troisième transformateur mondial derrière le Vietnam et l'Inde

Le PND classe la Côte d'Ivoire au troisième rang mondial de la transformation de l'anacarde, derrière le Vietnam et l'Inde. Il recensait 36 usines opérationnelles en 2023, avec une capacité annuelle de 400 000 tonnes et 14 211 emplois directs, dont 70,5 % occupés par des femmes.

Les données plus récentes montrent une industrie encore en expansion, avec de nouvelles installations et une capacité dépassant désormais largement le niveau de 2023.

La Banque mondiale estime que les investissements dans la chaîne de valeur avaient déjà permis de créer plus de 18 300 emplois en 2024, dont 66 % occupés par des femmes. Le programme a aussi soutenu des plateformes agro-industrielles à Korhogo, Bondoukou et Séguéla, ainsi que des infrastructures de stockage, de formation et de transport.

Pourquoi l'anacarde crée beaucoup d'emplois féminins

Une partie importante du traitement repose encore sur des opérations manuelles ou semi-automatisées : décorticage, séparation, tri, contrôle et conditionnement des amandes.

Ces tâches ont favorisé le recrutement de nombreuses femmes dans les régions du Nord et du Centre.

Mais le nombre d'emplois ne suffit pas à mesurer la qualité de l'industrialisation. Il faut également suivre les salaires, la stabilité des contrats, la protection sociale, la sécurité au travail et les possibilités de progression vers des postes techniques ou d'encadrement.

L'automatisation peut accroître la productivité tout en réduisant certains besoins en main-d'œuvre. L'enjeu sera donc de former davantage de techniciennes, de mécaniciens, de responsables qualité et de superviseurs.

Les quatre obstacles qui restent

1. Financer la campagne

Les noix et les fèves sont récoltées pendant une période limitée.

L'usine doit acheter une grande partie de sa matière première en quelques mois, puis la stocker et la transformer progressivement. Cela exige une trésorerie considérable.

Une usine peut donc disposer de machines performantes mais ne pas acheter assez de matière pour les utiliser pleinement.

2. Disposer d'une énergie et d'une logistique fiables

Le broyage, le séchage, la torréfaction et le refroidissement consomment de l'énergie.

Les arrêts, variations de tension et recours aux groupes électrogènes augmentent les coûts. À cela s'ajoutent le transport entre les plantations, les entrepôts, les usines et les ports.

3. Former et conserver les compétences

Une ligne industrielle nécessite des électromécaniciens, automaticiens, spécialistes de la maintenance, responsables qualité, logisticiens et techniciens de laboratoire.

Construire l'usine sans former les équipes capables de la maintenir crée une nouvelle dépendance envers des prestataires et des pièces importées.

4. Vendre selon les normes du marché

Les acheteurs internationaux exigent la traçabilité, le contrôle des résidus, la gestion des allergènes, la sécurité alimentaire et des emballages adaptés.

Fabriquer une amande ou une tablette ne suffit pas. Il faut prouver sa qualité, la conserver, la transporter et la vendre de manière régulière.

Ce que l'État a mis en place

La politique ivoirienne combine incitations fiscales, accès prioritaire à une partie de la matière première, soutien à l'investissement et création de zones agro-industrielles spécialisées.

Dans l'anacarde, les autorités ont notamment réservé le début de la campagne 2025 aux achats des transformateurs locaux avant l'ouverture des exportations de noix brutes. Cette mesure cherchait à sécuriser l'approvisionnement des usines.

Des investissements ont également porté sur les routes rurales, le stockage, la formation, les laboratoires et les plateformes industrielles. La Banque mondiale souligne néanmoins que la mise en service complète de certaines zones a pris du retard, rappelant qu'une infrastructure construite n'est pas nécessairement immédiatement occupée et productive.

Ce que la transformation rapporte déjà

Le premier gain est l'emploi, particulièrement visible dans l'anacarde.

Le deuxième est l'apprentissage industriel : les entreprises développent des compétences en maintenance, contrôle qualité, traçabilité et logistique.

Le troisième est l'écosystème. Une usine fait travailler des transporteurs, fournisseurs d'emballages, restaurants, laboratoires, entreprises de nettoyage et prestataires techniques.

Le quatrième est l'exportation de produits plus élaborés. En 2024, la valeur des exportations d'amandes de cajou aurait atteint environ 210 milliards de FCFA ; les autorités visent plus de 400 milliards à l'horizon 2030.

Qui capte réellement la valeur ?

Transformer sur le territoire ne signifie pas que toute la richesse revient à des entreprises ou à des travailleurs ivoiriens.

Une usine détenue par un groupe international paie des salariés, achète des services locaux et acquitte des impôts selon le régime applicable. Mais une partie de ses bénéfices peut être distribuée à des actionnaires établis à l'étranger.

À l'inverse, une marque ivoirienne conserve potentiellement davantage de marge locale, mais peut importer ses machines, ses emballages ou certains ingrédients.

La bonne question n'est donc pas seulement : « Où se trouve l'usine ? »

Il faut également demander :

  • qui possède le capital ;
  • où sont achetés les équipements ;
  • combien d'emplois sont créés ;
  • quelles compétences sont transférées ;
  • quelle valeur est exportée ;
  • où les bénéfices sont réinvestis.

Les planteurs ne gagnent pas automatiquement plus

La présence d'une usine locale crée une demande supplémentaire pour les fèves ou les noix. Elle peut rapprocher les acheteurs et réduire certains coûts de transport.

Elle ne garantit pourtant pas une hausse automatique du prix payé au producteur.

Dans les filières réglementées, le revenu dépend largement du prix bord champ fixé pour la campagne, des cours mondiaux, du rendement, de la qualité, des coûts de production et des mécanismes de commercialisation. Le prix plancher de l'anacarde a, par exemple, été fixé à 400 FCFA le kilogramme pour la campagne 2026, en tenant compte du recul du marché international et du taux de change.

Pour que la transformation bénéficie davantage aux producteurs, elle doit s'accompagner d'achats réguliers, de contrats transparents, de primes de qualité et de gains de productivité agricole.

Ce que cela change pour vous

Vous êtes planteur

Une usine proche peut créer un débouché supplémentaire. Votre revenu dépendra cependant toujours du prix, de la qualité produite et du coût de votre exploitation.

Vous cherchez un emploi

Les filières recherchent des opérateurs, mais aussi des profils techniques : électromécanique, maintenance, automatisation, qualité, logistique et sécurité industrielle.

Vous êtes entrepreneur

Les marchés les plus accessibles ne sont pas forcément la construction d'une usine. La sous-traitance dans le transport, l'emballage, la maintenance, le nettoyage, la restauration et le traitement des déchets offre également des possibilités.

Vous êtes consommateur

Acheter un produit fabriqué localement soutient une partie de cette chaîne, mais le produit doit aussi être compétitif en qualité, en prix et en disponibilité.

Vous êtes investisseur

La capacité annoncée ne suffit pas. Il faut vérifier l'approvisionnement, le financement de campagne, le taux d'utilisation de l'usine, les contrats de vente et les besoins de maintenance.

Les chiffres clés

Indicateur Valeur Année
Cacao transformé localement 739 027 tonnes 2024
Taux de transformation du cacao Environ 42 % 2024
Capacité annoncée de broyage du cacao 1 065 000 tonnes/an 2025
Objectif cacao du PND 50 % 2030
Anacarde transformée Environ 340 000 à 344 000 tonnes 2024
Taux officiel de transformation de l'anacarde 36,4 % 2024
Production d'anacarde Plus de 1,5 million de tonnes 2025
Anacarde transformée Plus de 660 000 tonnes 2025
Taux de transformation annoncé 42 à 43,2 % 2025
Usines d'anacarde installées 37 2025
Emplois directs dans la transformation Environ 20 000 2025
Part des femmes dans ces emplois Environ 66 % 2025

Frise chronologique

Période Étape
Après 1960 Économie agricole tournée principalement vers l'exportation
Années 1970-1990 Installation et développement progressif d'unités agro-industrielles
2011 Environ 2,4 % de l'anacarde transformée localement
2018 Capacité de transformation de l'anacarde encore inférieure à 170 000 tonnes
2021 619 529 tonnes de cacao et 136 854 tonnes d'anacarde transformées
2024 Cacao à environ 42 % ; anacarde à 36,4 % selon le PND
Juin 2025 Annonce du premier rang mondial du cacao et de 1,065 million de tonnes de capacité
2025 Plus de 660 000 tonnes d'anacarde transformées
2026-2030 Nouvelle phase axée sur les produits finis, les agro-pôles et les marques
2030 Objectif PND de 50 % pour le cacao ; objectifs sur l'anacarde encore à harmoniser

Les trois dossiers à surveiller

Le premier est le volume réellement transformé, plutôt que l'addition des capacités annoncées.

Le deuxième est la part des produits finis : chocolat, confiseries, cajou grillée et produits conditionnés.

Le troisième est la progression des marques ivoiriennes, de leurs ventes, de leurs exportations et de leurs réseaux de distribution.

Du sac brut à la relation avec le client

La Côte d'Ivoire a commencé à déplacer les usines vers le lieu où poussent ses matières premières.

C'est un changement historique.

Le cacao et l'anacarde ne quittent plus systématiquement le pays sous leur forme la plus brute. Des centaines de milliers de tonnes passent désormais par des unités industrielles ivoiriennes, créant des emplois et des compétences.

Mais le pays n'a pas encore conquis l'ensemble de la chaîne.

La prochaine victoire ne consistera pas seulement à broyer plus de fèves ou à décortiquer plus de noix.

Elle consistera à fabriquer davantage de produits finis, à développer des marques compétitives, à maîtriser les emballages et à vendre directement au consommateur ivoirien, africain et international.

La Côte d'Ivoire a commencé à déplacer les usines.

Elle doit désormais déplacer aussi les marques, la distribution et la relation avec le client.

L'essentiel à retenir

  1. La Côte d'Ivoire transforme davantage ses matières premières, mais reste surtout spécialisée dans la première transformation.
  2. Environ 739 000 tonnes de cacao ont été transformées en 2024, soit près de 42 % selon les chiffres officiels.
  3. La capacité de broyage du cacao dépasse un million de tonnes, mais capacité et production réelle ne sont pas identiques.
  4. Le broyage produit principalement de la masse, du beurre et de la poudre, pas nécessairement du chocolat fini.
  5. La transformation de l'anacarde a dépassé 660 000 tonnes en 2025, contre moins de 140 000 tonnes en 2021.
  6. La Côte d'Ivoire est classée troisième transformateur mondial d'anacarde, derrière le Vietnam et l'Inde.
  7. Près de 20 000 emplois directs sont associés à la transformation de l'anacarde, dont environ deux tiers occupés par des femmes.
  8. Les prochains défis sont le financement de campagne, l'énergie, la maintenance, les normes, les produits finis et les marques.