De l’école rare à l’école obligatoire : 66 ans d’éducation en Côte d’Ivoire
D'une école réservée à une minorité à la scolarisation obligatoire : 66 ans d'éducation ivoirienne en chiffres, avec ses victoires et son grand paradoxe.
En 1960, entrer dans une salle de classe restait une chance rare pour un enfant ivoirien. En 2026, l’école est obligatoire de 6 à 16 ans, le primaire accueille près de cinq millions d’élèves et neuf universités publiques fonctionnent dans le pays. Pourtant, seule une personne de 15 ans et plus sur deux sait lire et écrire. La bataille de l’accès a fortement progressé. Celle de l’apprentissage est loin d’être terminée.
En 1960, l’école ivoirienne était encore un espace réservé à une minorité.
Les établissements étaient peu nombreux, concentrés dans les villes, le Sud du pays et les principaux centres administratifs. Pour un enfant vivant dans une zone rurale, aller à l’école pouvait supposer de parcourir plusieurs kilomètres ou de quitter sa famille.
Les filles étaient encore moins nombreuses que les garçons dans les classes. Les enfants de familles modestes étaient souvent mobilisés dans les champs, le commerce ou les tâches domestiques. Une grande partie de la population adulte n’avait jamais été scolarisée.
Soixante-six ans plus tard, le décor a radicalement changé.
Les écoles primaires accueillent des millions d’enfants, l’enseignement est légalement obligatoire et le pays compte un réseau d’universités publiques réparties dans plusieurs régions. Mais derrière cette expansion apparaît un paradoxe : comment un pays qui a presque généralisé l’accès au primaire peut-il compter encore autant d’adultes incapables de lire et d’écrire ?
La réponse tient en trois mots : histoire, abandon et apprentissage.
En 1960, l’école était encore rare
Les données historiques disponibles ne permettent pas toujours d’établir un taux unique et parfaitement comparable pour l’année de l’Indépendance.
Les définitions de la population en âge scolaire, les territoires couverts et la qualité des recensements variaient. Mais les sources convergent sur une réalité : le système scolaire ne touchait encore qu’une minorité des enfants.
Des documents de l’UNESCO indiquent que, même vers la fin des années 1960, la scolarisation primaire ne concernait encore qu’environ un enfant sur trois. Les inscriptions augmentaient rapidement, mais le pays partait de très loin.
L’État indépendant fait donc de l’éducation une priorité stratégique. Il ne s’agit pas uniquement d’enseigner à lire et à écrire. Le pays doit aussi former rapidement les fonctionnaires, enseignants, médecins, ingénieurs, comptables et techniciens nécessaires au fonctionnement de ses nouvelles institutions.
Cette priorité se traduit dans les finances publiques. Selon une étude historique, la part de l’éducation dans le budget courant de l’État passe d’environ 13 % en 1960 à 24 % en 1970. Certains récits citent des proportions encore supérieures pour des périodes ou des périmètres budgétaires particuliers, mais elles ne doivent pas être présentées comme une constante sur plusieurs décennies.
Le grand pari éducatif de l’État
Durant les premières décennies, la Côte d’Ivoire construit des écoles, forme des instituteurs, ouvre des collèges, crée des internats et accorde des bourses aux élèves et étudiants.
Les effectifs augmentent rapidement. Selon les travaux historiques disponibles, les inscriptions au primaire progressent en moyenne d’environ 7 % par an entre 1960 et 1980.
Mais cette course à la construction ne s’arrête jamais réellement.
La raison est démographique : lorsque le nombre d’enfants augmente rapidement, construire suffisamment pour les élèves d’aujourd’hui ne suffit pas. Il faut également préparer les places des générations suivantes.
Cette pression reste visible aujourd’hui. Pour la rentrée 2024-2025, le ministère de l’Éducation nationale annonçait encore l’ouverture de 279 nouvelles écoles primaires, représentant 1 760 salles de classe, ainsi que 79 nouveaux collèges.
Près de cinq millions d’élèves au primaire
Au cours de l’année scolaire 2023-2024, la Côte d’Ivoire comptait plus de 4,8 millions d’élèves du primaire, répartis dans 19 898 écoles et 107 986 salles de classe, selon les statistiques du ministère de l’Éducation nationale.
Le contraste avec 1960 est immense.
Le Plan national de développement 2026-2030 retient, pour 2024, un taux net de scolarisation au primaire de 96,5 %. Cet indicateur mesure la proportion d’enfants ayant officiellement l’âge du primaire et qui sont effectivement inscrits à ce niveau.
Le taux brut de scolarisation est encore plus élevé. Le bilan national le situe à 109,5 % en 2025, contre 98 % en 2011.
Cela ne signifie pas que 109 enfants sur 100 vont à l’école.
Pourquoi un taux de scolarisation supérieur à 100 % est possible
Le taux brut de scolarisation additionne tous les élèves inscrits au primaire, quel que soit leur âge, puis compare ce nombre à la population qui devrait théoriquement fréquenter ce cycle.
Il inclut donc :
- les enfants entrés tardivement à l’école ;
- ceux qui ont redoublé ;
- les élèves plus âgés que l’âge officiel ;
- parfois des enfants plus jeunes.
Le taux net, lui, ne retient que les enfants ayant l’âge correspondant au primaire.
Un taux brut de 109,5 % indique donc une forte capacité d’accueil. Il ne prouve pas que tous les enfants du bon âge sont effectivement inscrits, présents régulièrement et en situation d’apprendre.
2015 : l’école devient obligatoire de 6 à 16 ans
Le grand tournant juridique intervient avec la loi no 2015-635 du 17 septembre 2015, qui modifie la loi relative à l’enseignement.
Son article 2-1 rend la scolarisation obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de 6 à 16 ans.
L’école ne relève plus uniquement d’une ambition nationale ou d’un choix familial. Elle devient une obligation légale.
Cette obligation concerne l’État, qui doit créer les places, recruter les enseignants et rapprocher les établissements des populations. Elle concerne également les familles, qui doivent inscrire les enfants et veiller à leur fréquentation scolaire.
Dans la pratique, tous les enfants ne sont pas immédiatement intégrés au système classique. Certains ont dépassé l’âge normal d’entrée, n’ont jamais été scolarisés ou ont abandonné plusieurs années plus tôt.
C’est notamment pour eux que les classes passerelles ont été développées.
Ces dispositifs proposent un programme accéléré avant une réintégration dans l’enseignement formel. En 2021-2022, le ministère recensait 277 classes passerelles, ayant accueilli 5 892 enfants, dont 2 987 filles.
Entrer à l’école ne signifie pas aller jusqu’au bout
La progression des inscriptions ne garantit pas l’achèvement du parcours.
Le taux d’achèvement du primaire a atteint 85,2 % en 2025, selon le bilan intégré au PND 2026-2030. Cela signifie qu’environ quinze enfants sur cent n’atteignent toujours pas la fin du cycle au rythme attendu.
Au premier cycle du secondaire, le taux d’achèvement est passé de 60,7 % à 81,1 % entre 2020 et 2025. Le progrès est important, mais le collège reste un point de décrochage.
Les raisons sont multiples :
- éloignement du collège ;
- coût des fournitures, du transport ou de l’uniforme ;
- pauvreté du ménage ;
- travail des enfants ;
- redoublements répétés ;
- absence prolongée ;
- grossesses en cours de scolarité ;
- mariage précoce dans certaines zones ;
- difficultés d’apprentissage accumulées.
Pour les filles, le risque ne disparaît pas avec la progression des inscriptions. Le ministère a enregistré 4 266 cas de grossesse en cours de scolarité en 2024-2025. Ce nombre est en recul par rapport aux 6 681 cas recensés en 2022-2023, mais il continue de représenter des milliers de parcours scolaires fragilisés.
Le paradoxe : une école pleine, mais un pays encore peu alphabétisé
En 2021, le taux d’alphabétisation des personnes âgées de 15 ans et plus était estimé à 48,9 % par les données retenues dans le PND 2026-2030.
Autrement dit, environ 51,1 % des adultes ne savaient pas lire et écrire selon l’indicateur utilisé.
Les données de l’Institut de statistique de l’UNESCO, reprises par la Banque mondiale, donnent un résultat voisin : 50 % d’adultes alphabétisés en 2021. Le taux était de 60,2 % chez les hommes, mais seulement de 40,3 % chez les femmes.
La formule « près d’un adulte sur deux ne sait pas lire » n’est donc pas une exagération.
Mais elle ne contredit pas les progrès récents du primaire.
L’alphabétisation des adultes mesure un stock de population. Les personnes âgées aujourd’hui de 40, 50 ou 60 ans ont fréquenté l’école à une période où les taux de scolarisation étaient beaucoup plus faibles.
Les enfants inscrits aujourd’hui ne modifieront pleinement le taux national des adultes que lorsqu’ils auront grandi.
Le problème ne vient pas seulement des générations anciennes
L’effet générationnel n’explique pas tout.
Un enfant peut fréquenter l’école plusieurs années sans atteindre une maîtrise solide de la lecture, de l’écriture ou du calcul. Il peut aussi quitter le système très tôt et perdre progressivement une partie de ses acquis lorsqu’il ne les pratique pas.
L’évaluation PASEC 2019 révèle ainsi qu’à la fin du primaire, 66,9 % des élèves ivoiriens évalués se situaient sous le seuil suffisant de compétence en lecture. En mathématiques, cette proportion atteignait 82,8 %. Ces résultats ne signifient pas que les enfants ne savent absolument rien, mais qu’ils risquent de rencontrer de fortes difficultés pour poursuivre leurs apprentissages.
Les données plus récentes utilisées par le PND montrent également qu’en 2024, seulement 26,3 % des élèves du CE1 atteignaient le seuil jugé suffisant en lecture, contre 78,9 % en mathématiques.
La prochaine bataille éducative se situe donc dans la salle de classe.
Être assis en classe ne suffit pas
La qualité des apprentissages dépend de plusieurs éléments qui doivent fonctionner en même temps :
- présence régulière de l’enseignant et des élèves ;
- formation pédagogique ;
- manuels disponibles ;
- langue d’enseignement comprise ;
- taille de la classe ;
- temps réellement consacré aux cours ;
- santé et nutrition de l’enfant ;
- accompagnement à la maison ;
- environnement calme et sécurisé.
En 2022-2023, le ratio moyen annoncé était d’environ 42 élèves par enseignant dans le primaire public. Cette moyenne nationale peut cacher des classes beaucoup plus chargées dans certains quartiers urbains ou villages en croissance rapide.
La difficulté ne doit pas être réduite à la responsabilité des enseignants. Elle concerne aussi les programmes, la formation, les équipements, la gestion du temps scolaire et les conditions sociales dans lesquelles vivent les élèves.
Le secondaire est devenu le nouveau goulot d’étranglement
Lorsque le primaire accueille presque toute une génération, la pression se déplace automatiquement vers les collèges et les lycées.
En 2023-2024, le secondaire comptait plus de 3,1 millions d’élèves, 3 590 établissements et 54 640 salles de classe.
Le secteur privé joue désormais un rôle central. Selon l’UNESCO, sa part atteignait en 2024-2025 environ 62 % des effectifs du premier cycle secondaire et 69 % de ceux du second cycle.
Une grande partie des élèves orientés par l’État étudient ainsi dans des établissements privés.
Cette solution augmente rapidement la capacité d’accueil, mais elle pose aussi des questions de coût pour les familles, de contrôle de la qualité et d’égalité entre établissements.
D’un centre d’enseignement supérieur à neuf universités publiques
L’enseignement supérieur ivoirien part lui aussi d’une structure très réduite.
Le Centre d’enseignement supérieur d’Abidjan est créé en 1959 et rattaché à l’Université de Dakar. Il devient l’Université d’Abidjan à partir de 1963, transformation officialisée par le décret du 9 janvier 1964.
Pendant plusieurs décennies, l’essentiel de l’offre universitaire reste concentré à Abidjan et Bouaké.
Le réseau s’est depuis élargi. En 2026, le ministère recense neuf universités publiques :
- Université Félix-Houphouët-Boigny ;
- Université Nangui-Abrogoua ;
- Université Alassane-Ouattara ;
- Université Jean-Lorougnon-Guédé ;
- Université Péléforo-Gon-Coulibaly ;
- Université de Man ;
- Université virtuelle de Côte d’Ivoire ;
- Université polytechnique de San Pedro ;
- Université de Bondoukou.
Une dixième université est en construction à Odienné et ne doit donc pas encore être comptée parmi les établissements fonctionnels.
De 66 000 à près de 347 000 étudiants
Le nombre d’étudiants est passé de 66 237 en 2011 à 346 786 en 2025, selon le bilan officiel du gouvernement. Il a donc été multiplié par plus de cinq en quatorze ans.
Cette progression démocratise l’accès au supérieur. Elle permet à davantage de familles d’envisager des études universitaires et rapproche l’offre de plusieurs régions.
Mais elle crée également une pression considérable sur :
- les amphithéâtres ;
- les laboratoires ;
- le nombre d’enseignants ;
- les résidences ;
- les restaurants universitaires ;
- les transports ;
- les bourses ;
- les stages.
Pour l’année 2023-2024, le ministère estimait la population étudiante à 323 467 personnes, pour seulement 17 019 lits dans les résidences universitaires recensées.
Les universités régionales peuvent réduire le besoin de partir à Abidjan. Elles ne font toutefois pas disparaître les coûts de logement, de nourriture, d’équipement numérique ou de déplacement.
Après le diplôme, l’emploi
L’augmentation du nombre de diplômés n’a de sens économique que si les compétences correspondent aux activités réellement développées par le pays.
L’industrie, le BTP, la logistique, l’agriculture moderne, la maintenance, les mines, l’énergie et le numérique recherchent des profils techniques. Pourtant, les formations techniques et professionnelles ne représentaient encore que 6,2 % des effectifs du secondaire en 2024.
Le PND prévoit de porter cette part à 15 % en 2030. Le taux d’insertion des diplômés de l’enseignement technique et professionnel était estimé à 36,5 % en 2023.
Le défi est donc double :
- orienter davantage de jeunes vers des métiers ayant des débouchés réels ;
- améliorer la qualité et l’image des formations professionnelles.
L’université ne doit pas être opposée à l’apprentissage ou à la formation technique. Une économie moderne a besoin de chercheurs et d’ingénieurs, mais également d’électriciens, de mécaniciens, de soudeurs, de techniciens de maintenance et d’opérateurs qualifiés.
L’alphabétisation des adultes, l’urgence oubliée
Les adultes non alphabétisés ne peuvent pas attendre que les jeunes générations vieillissent pour que la moyenne nationale s’améliore.
Pour une commerçante, savoir lire et compter signifie pouvoir vérifier une facture, suivre ses ventes ou utiliser un service financier numérique.
Pour un agriculteur, cela peut permettre de lire une notice, tenir un registre de production ou comprendre un contrat.
Pour un citoyen, cela facilite l’accès aux démarches administratives, à la santé, à l’information et au vote.
L’alphabétisation fonctionnelle ne consiste donc pas seulement à apprendre l’alphabet. Elle relie la lecture, l’écriture et le calcul aux réalités quotidiennes et professionnelles. Le ministère dispose désormais de directions spécifiquement chargées de l’alphabétisation des adultes et de l’éducation non formelle, mais l’ampleur du besoin reste considérable.
Ce que cela change pour vous
Vous êtes parent
L’école est obligatoire de 6 à 16 ans. Votre responsabilité ne se limite toutefois pas à l’inscription : l’assiduité, le suivi des devoirs et le dialogue avec l’établissement influencent fortement le parcours.
Votre enfant n’a jamais été scolarisé
Les classes passerelles peuvent permettre une remise à niveau et une intégration dans une classe formelle.
Vous êtes une jeune fille en zone rurale
La proximité d’un collège, la sécurité du trajet, les sanitaires, la lutte contre les grossesses précoces et le soutien familial peuvent déterminer la poursuite de votre scolarité.
Vous êtes étudiant
Les universités régionales élargissent les possibilités, mais il faut examiner les filières, leurs conditions d’études et leurs débouchés avant de choisir.
Vous êtes employeur
La population diplômée augmente rapidement. Les compétences immédiatement opérationnelles, notamment techniques, restent néanmoins très recherchées.
Vous êtes adulte non alphabétisé
Reprendre un apprentissage n’est pas retourner à l’école comme un enfant. Les programmes fonctionnels peuvent être organisés autour du commerce, de l’agriculture ou d’un métier.
Les chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Année |
|---|---|---|
| Élèves du primaire | Plus de 4,8 millions | 2023-2024 |
| Écoles primaires | 19 898 | 2023-2024 |
| Taux net de scolarisation au primaire | 96,5 % | 2024 |
| Taux brut de scolarisation au primaire | 109,5 % | 2025 |
| Taux d’achèvement du primaire | 85,2 % | 2025 |
| Taux d’achèvement du premier cycle secondaire | 81,1 % | 2025 |
| Alphabétisation des 15 ans et plus | 48,9 à 50 % | 2021 |
| Universités publiques fonctionnelles | 9 | 2026 |
| Population étudiante | 346 786 | 2025 |
| Part de l’enseignement technique dans le secondaire | 6,2 % | 2024 |
Frise chronologique
| Date | Événement |
|---|---|
| 1960 | L’école ne touche encore qu’une minorité d’enfants |
| Années 1960-1970 | Forte hausse des investissements et constructions scolaires |
| 1963-1964 | Création de l’Université d’Abidjan |
| 1995 | Création de trois universités autonomes à Cocody, Abobo-Adjamé et Bouaké |
| 2015 | Adoption de la loi rendant l’école obligatoire de 6 à 16 ans |
| 2015 | Création de l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire |
| 2021 | Ouverture de l’Université de San Pedro |
| 2023 | Ouverture de l’Université de Bondoukou |
| 2025 | Neuf universités publiques et près de 347 000 étudiants |
| 2026 | Construction de la dixième université publique à Odienné |
Ce qu’il faut surveiller
Les prochains progrès ne se liront pas seulement dans le nombre d’écoles construites.
Il faudra suivre :
- la maîtrise réelle de la lecture et du calcul ;
- le taux d’achèvement du primaire et du collège ;
- le nombre d’enfants jamais scolarisés ou ayant abandonné ;
- les écarts entre filles et garçons ;
- l’alphabétisation des adultes ;
- la part de la formation technique et professionnelle ;
- l’insertion des diplômés ;
- les conditions de vie et d’études dans les universités.
La deuxième révolution éducative
La Côte d’Ivoire a accompli une transformation historique.
Elle est passée d’une école réservée à une minorité à un système qui accueille des millions d’élèves et fait de la scolarisation une obligation nationale.
Mais ouvrir une école ne suffit pas.
Il faut que l’enfant y entre au bon âge, qu’il y reste, qu’il apprenne réellement et que les compétences acquises lui permettent de construire son autonomie.
La première révolution éducative ivoirienne a été d’ouvrir l’école à des millions d’enfants.
La seconde sera de garantir que chaque enfant y apprend, termine un parcours utile et peut transformer son diplôme en possibilités réelles.
L’essentiel à retenir
- À l’Indépendance, l’école ne touchait encore qu’une minorité d’enfants.
- Le primaire accueille aujourd’hui plus de 4,8 millions d’élèves.
- Le taux net de scolarisation a atteint 96,5 % en 2024, mais cela ne signifie pas que tous les enfants terminent le cycle.
- L’école est obligatoire de 6 à 16 ans depuis la loi du 17 septembre 2015.
- Environ un adulte sur deux savait lire et écrire en 2021, avec un important écart entre hommes et femmes.
- Les évaluations montrent que de nombreux élèves terminent le primaire sans atteindre les compétences attendues.
- La Côte d’Ivoire compte neuf universités publiques fonctionnelles et près de 347 000 étudiants.
- Les grands défis sont désormais la qualité, l’achèvement des parcours, la formation technique et l’insertion professionnelle.
Trois autres propositions de titres
- Des millions d’élèves, mais encore trop peu de lecteurs : le paradoxe de l’école ivoirienne
- École en Côte d’Ivoire : l’accès presque généralisé, la qualité encore à construire
- De 1960 à 2026 : comment la Côte d’Ivoire a ouvert l’école sans achever sa révolution éducative
Méta-description
De l’école rare de 1960 à la scolarisation obligatoire : progrès, alphabétisation, universités et défis de l’éducation ivoirienne.
Mots-clés SEO
- éducation en Côte d’Ivoire ;
- école obligatoire Côte d’Ivoire ;
- alphabétisation Côte d’Ivoire ;
- universités publiques ivoiriennes ;
- scolarisation primaire.
Phrase pour l’image principale
La Côte d’Ivoire a ouvert les portes de l’école. Son prochain défi est de garantir que chaque enfant y apprend réellement.
Quatre idées d’infographies
- 1960-2026 : de l’école rare à près de cinq millions d’élèves au primaire.
- Taux brut, taux net et taux d’achèvement : trois chiffres qui ne disent pas la même chose.
- Un adulte sur deux alphabétisé : les écarts entre générations, hommes et femmes.
- De trois à neuf universités publiques entre 2011 et 2025.
Principales sources
- Ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation : statistiques scolaires, obligation scolaire et classes passerelles.
- Ministère du Plan et du Développement : PND 2026-2030 et indicateurs de scolarisation, d’alphabétisation et d’achèvement.
- CONFEMEN : résultats de l’évaluation PASEC 2019.
- Ministère de l’Enseignement supérieur : réseau universitaire et statistiques étudiantes.
- Gouvernement de Côte d’Ivoire : évolution des universités et des effectifs étudiants.
- UNESCO et Banque mondiale : alphabétisation des adultes.
Points à confirmer avant publication
- Tout nouvel annuaire statistique scolaire publié après l’année 2023-2024.
- Le nombre consolidé d’enfants actuellement hors du système scolaire.
- Le calendrier exact d’ouverture de l’Université d’Odienné.
- Les effectifs étudiants définitifs de l’année universitaire 2025-2026.
- Les résultats d’une éventuelle évaluation nationale des apprentissages postérieure à 2024.
- Les statistiques nationales les plus récentes sur l’insertion des diplômés du supérieur.