26 948 entreprises créées en 2025 : le vrai défi commence après l'immatriculation

27 000 créations par an, mais un délai réel de 8,8 jours et aucune statistique de survie : ce que les chiffres de l'entrepreneuriat ivoirien disent vraiment.

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26 948 entreprises créées en 2025 : le vrai défi commence après l'immatriculation

En 1960, entreprendre en Côte d'Ivoire signifiait souvent cultiver, transporter, fabriquer ou vendre sans disposer d'une société immatriculée. En 2025, le CEPICI a enregistré 26 948 créations d'entreprises, soit près de 74 par jour. L'entrée dans l'économie formelle s'est considérablement simplifiée. Mais les chiffres révèlent aussi une réalité moins flatteuse : le délai moyen a atteint 8,8 jours et personne ne sait précisément combien de ces nouvelles entreprises survivront.

Une commerçante peut exercer pendant dix ans, employer deux personnes et servir des centaines de clients sans avoir constitué de société.

À l'inverse, un porteur de projet peut obtenir son registre du commerce, son identifiant fiscal et son immatriculation sociale sans jamais réaliser sa première vente.

Ces deux situations résument le paradoxe de l'entrepreneuriat ivoirien.

La Côte d'Ivoire a réussi à rendre la création administrative beaucoup plus accessible. Le notaire n'est plus obligatoire pour constituer certaines sociétés, plusieurs formalités sont regroupées et le dossier peut être déposé en ligne. Pourtant, une entreprise ne vit pas de ses statuts. Elle vit de ses clients, de sa trésorerie, de ses compétences et de sa capacité à traverser ses premières années.

La première révolution a facilité l'obtention des papiers. La seconde doit permettre aux entreprises de durer.

La réponse courte

Les Ivoiriens n'ont pas attendu le CEPICI pour entreprendre.

Les planteurs, commerçantes, transporteurs et artisans créaient déjà de la valeur bien avant l'Indépendance. Mais ils évoluaient majoritairement sous la forme d'exploitations familiales, d'activités individuelles ou de petits commerces, alors que les banques, les sociétés d'import-export et une grande partie de l'industrie moderne étaient dominées par des capitaux étrangers.

La politique d'ivoirisation des années 1960 et 1970 a tenté de faire émerger des entrepreneurs nationaux. Puis les réformes engagées à partir des années 1990 et surtout après 2012 ont progressivement centralisé et numérisé les formalités.

Le résultat est mesurable : le nombre annuel de créations recensées par le CEPICI est passé de 15 467 en 2021 à 26 948 en 2025. Mais cette statistique mesure des immatriculations, pas la réussite économique de 26 948 projets.

En 1960, entreprendre sans société

L'entrepreneuriat ivoirien existait déjà dans l'agriculture, le commerce, le transport, l'artisanat et les activités familiales.

Les planteurs africains ont joué un rôle déterminant dans l'expansion du café et du cacao. Dans les villes, les marchés étaient animés par des commerçantes, des détaillants et des artisans. Ces activités étaient bien des entreprises au sens économique : elles combinaient du capital, du travail, une clientèle et une prise de risque.

Elles adoptaient toutefois rarement la forme d'une société commerciale dotée d'une personnalité juridique, d'une comptabilité organisée et d'un accès régulier au crédit bancaire.

Une étude consacrée au commerce abidjanais relevait qu'en 1957, seulement 459 des 2 607 boutiques recensées dans la ville appartenaient à des Ivoiriens. Ce chiffre historique illustre la faible présence nationale dans certains segments du commerce moderne à la veille de l'Indépendance, sans signifier que les Ivoiriens étaient absents de toute activité économique.

Les grandes maisons commerciales, les filiales de groupes étrangers, les banques et les entreprises industrielles disposaient d'un avantage considérable : capital, réseaux internationaux, expérience juridique et accès aux circuits d'importation.

L'ivoirisation : faire émerger des entrepreneurs nationaux

À partir de la fin des années 1960, l'État cherche à accroître la participation des Ivoiriens dans l'économie moderne.

Cette politique, souvent regroupée sous le terme d'« ivoirisation », concerne à la fois l'accès des nationaux aux postes de responsabilité, la propriété des entreprises et la promotion des petites et moyennes entreprises.

En 1968, les pouvoirs publics font du développement des PME un objectif d'industrialisation et mettent progressivement en place des organismes de promotion et de financement, dont l'Office de promotion de l'entreprise ivoirienne. Un fonds de garantie destiné aux entreprises ivoiriennes est également créé à cette période.

Les résultats restent contrastés.

Cette politique facilite l'émergence d'entrepreneurs, de cadres et de fournisseurs nationaux. Mais l'accès au capital, à la technologie et aux marchés demeure inégal. Certaines entreprises restent fortement dépendantes des commandes ou des soutiens publics. La crise économique des années 1980 fragilise ensuite une partie du tissu constitué.

L'ivoirisation n'a donc pas, à elle seule, supprimé la dualité entre un secteur moderne structuré et une multitude de petites activités peu ou pas déclarées.

Pendant des décennies, un parcours administratif éclaté

Avant le guichet unique, constituer une société pouvait exiger plusieurs déplacements et interlocuteurs.

Il fallait préparer les statuts, déposer le capital selon la forme retenue, enregistrer les actes, publier l'avis de constitution, obtenir l'immatriculation au Registre du commerce et du crédit mobilier, déclarer l'existence fiscale et effectuer les formalités sociales.

À ces procédures générales pouvaient s'ajouter des autorisations liées à la santé, au transport, à la sécurité, à la finance, à l'énergie ou à d'autres activités réglementées.

Le problème n'était pas seulement le coût financier. Il fallait connaître le bon ordre des démarches, réunir les pièces, revenir lorsqu'un dossier était incomplet et parfois faire appel à un professionnel pour naviguer entre les administrations.

Cette charge administrative encourageait les entrepreneurs les plus modestes à demeurer hors des registres, surtout lorsque leur clientèle ne demandait ni facture formelle ni contrat écrit.

Le CEPICI : de la promotion des investissements au guichet unique

Le Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire est créé par le décret du 29 septembre 1993.

Il est profondément restructuré par le décret du 6 septembre 2012, qui en fait le guichet unique de l'investissement et lui confie la facilitation des formalités d'entreprise, la gestion du Code des investissements, la réception des demandes de terrains industriels et la promotion des investissements privés.

Le Guichet unique des formalités d'entreprises réunit les services nécessaires à l'immatriculation juridique, fiscale et sociale.

À la fin du processus, le créateur reçoit notamment :

  • le RCCM ;
  • la déclaration fiscale d'existence et le numéro de contribuable ;
  • l'immatriculation employeur auprès de la CNPS ;
  • la publication de l'avis de constitution ;
  • le code importateur lorsqu'il est nécessaire.

Depuis 2018, l'Identifiant unique attribue un même numéro à l'entreprise pour ses relations avec le registre du commerce, les services fiscaux et la CNPS.

Peut-on réellement créer une entreprise en 24 heures ?

Le CEPICI présente la réduction du délai de création à 24 heures comme l'une des principales réformes du guichet unique. Ce délai suppose toutefois que le dossier soit complet et ne comprend pas nécessairement tout le temps consacré en amont à la préparation des statuts, au choix du siège, à la légalisation de certaines pièces ou à l'obtention d'une autorisation sectorielle.

Surtout, le délai affiché ne correspond pas toujours au délai moyen réellement observé.

En 2024, la création prenait en moyenne 4,3 jours selon le CEPICI. En 2025, cette durée est montée à 8,8 jours. L'institution explique cette détérioration par une panne de son infrastructure cloud survenue en mars, qui a créé un stock de dossiers en attente.

La formule « créer en 24 heures » doit donc être comprise comme un objectif de traitement pour un dossier régulier dans des conditions normales, et non comme une garantie applicable à chaque projet.

Les données officielles consultées ne confirment pas non plus une règle générale actuelle de 24 heures pour l'entreprise individuelle et de 72 heures pour toute société. Le CEPICI communique plutôt sur un délai de création de 24 heures, tandis que ses propres statistiques montrent des moyennes supérieures selon les années et les formes juridiques.

Le notaire n'est plus obligatoire pour toutes les sociétés

Les réformes du droit OHADA et du climat des affaires ont supprimé l'obligation de recourir au notaire pour constituer certaines formes de sociétés.

Une SARL peut notamment être créée à partir de statuts sous seing privé, en utilisant des modèles proposés gratuitement. L'exigence d'un capital social minimal d'un million de FCFA pour la SARL a également été levée.

Cela ne rend pas le notaire inutile.

Son intervention peut rester nécessaire ou fortement recommandée lorsque la société comporte des apports immobiliers, un montage complexe, plusieurs investisseurs aux intérêts différents ou des exigences particulières de sécurisation juridique.

La simplification donne un choix au créateur. Elle ne supprime pas le besoin de conseil.

Depuis 2018, la création devient numérique

Le portail 225Invest et le service E-Entreprise sont officiellement lancés en octobre 2018, en même temps que la généralisation de l'Identifiant unique.

La plateforme permet de soumettre le dossier en ligne et de recevoir le certificat d'immatriculation par voie électronique. Elle connecte les services du Tribunal de commerce, des impôts, de la CNPS et du commerce extérieur.

Cette dématérialisation facilite la création depuis les régions et réduit certains déplacements.

Elle rend également une création à distance plus réaliste pour un membre de la diaspora, par l'utilisation d'une procuration ou d'un représentant. Mais elle ne supprime pas toutes les contraintes : il faut une adresse, des pièces d'identité recevables, des documents correctement signés et, selon les cas, un compte bancaire, un dépôt de capital ou des autorisations supplémentaires.

Les rejets liés aux erreurs de pièces ou de saisie restent une cause de retard reconnue par la plateforme elle-même.

Près de 27 000 créations en 2025

La dernière série rétrospective du CEPICI présente l'évolution suivante :

Année Entreprises créées Délai moyen
2021 15 467 3 jours
2022 23 940 3,5 jours
2023 26 116 5,2 jours
2024 25 477 4,3 jours
2025 26 948 8,8 jours

Le résultat de 2025 représente une hausse de 5,8 % par rapport à 2024 et de 74 % par rapport à 2021. Il équivaut à environ 74 créations par jour calendaire, ou 107 par jour pour une hypothèse de 252 jours ouvrés.

Une nuance statistique est nécessaire : le CEPICI avait d'abord communiqué un total de 25 429 créations pour 2023. Sa série officielle la plus récente retient désormais 26 116 ou 26 117 selon le tableau consulté. Nous utilisons donc la dernière série rétrospective publiée plutôt que le chiffre initial de la conférence bilan 2023.

Qui crée quoi ?

En 2025, les SARL dominent très largement avec 21 538 créations, soit près de 80 % du total.

Les entreprises individuelles représentent 4 523 créations, soit 16,8 %. Les sociétés anonymes comptent pour 513 dossiers et les autres formes pour 374.

La répartition sectorielle est également très concentrée :

  • services : 76,6 % ;
  • industrie : 21,1 % ;
  • agriculture : 2,3 %.

Le chiffre de 86 % de créations dans les services parfois repris pour 2023 n'est donc pas confirmé par le dernier bilan. La proportion officielle de 2025 est de 76,6 %.

Cette structure s'explique en partie par les barrières d'entrée.

Créer une activité de commerce, de conseil, de transport ou de services demande généralement moins de capital initial que bâtir une usine, acheter des équipements lourds, obtenir un terrain industriel et sécuriser l'énergie nécessaire à la production.

Créée ne signifie pas encore active

Le chiffre de 26 948 regroupe des entreprises juridiquement constituées.

Il ne dit pas combien ont réellement commencé à vendre.

Quatre situations doivent être distinguées :

Situation Signification
Entreprise immatriculée Le dossier a été accepté et les identifiants administratifs ont été délivrés
Entreprise ayant démarré Les premières ventes, prestations ou opérations ont effectivement eu lieu
Entreprise active Elle continue de déclarer une activité, de facturer ou d'employer
Entreprise survivante Elle est encore active après un, trois ou cinq ans

Une société peut obtenir son RCCM et abandonner son projet avant le démarrage. Une autre peut fonctionner quelque temps, puis cesser sans être immédiatement radiée. Une troisième peut rester active sans salarié et avec un chiffre d'affaires très faible.

Les statistiques publiques du CEPICI décrivent avec précision les immatriculations, les formes juridiques et les délais. Elles ne publient pas encore une série nationale régulière permettant de suivre la survie à un, trois ou cinq ans. La Côte d'Ivoire mesure donc mieux l'entrée des entreprises que leur trajectoire après la création.

Pourquoi l'informel reste dominant

La simplicité de l'immatriculation ne suffit pas à formaliser toute l'économie.

Une petite activité peut rester informelle parce qu'elle possède peu de clients, fonctionne avec la famille, n'a pas besoin de facture ou ne voit aucun avantage immédiat à supporter des obligations fiscales et comptables.

Le secteur informel représente encore autour de neuf emplois sur dix selon les différentes estimations disponibles. Il ne regroupe pas uniquement des activités de subsistance : il comprend également des commerces structurés, des artisans expérimentés et des entreprises familiales disposant d'une véritable clientèle.

La formalisation devient attractive lorsqu'elle ouvre des portes concrètes :

  • facturer une grande entreprise ;
  • répondre à un appel d'offres ;
  • protéger le patrimoine personnel ;
  • obtenir un compte professionnel ;
  • recruter légalement ;
  • accéder à certains financements ;
  • transmettre ou céder l'entreprise.

Mais aucun de ces avantages n'est automatique.

Le premier mur : obtenir un financement

Un RCCM ne constitue pas une garantie de remboursement.

Avant de financer une entreprise, une banque examine son chiffre d'affaires, ses marges, sa trésorerie, son historique, la qualité de sa comptabilité, l'expérience du dirigeant et les garanties disponibles.

Or une entreprise nouvellement constituée ne possède généralement ni historique financier ni actifs importants.

La Banque mondiale estime que l'accès au financement constitue l'une des principales contraintes des PME ivoiriennes. Une étude évaluait leur déficit de financement à 2,4 milliards de dollars en 2017 et relevait que les crédits demandent souvent des garanties difficiles à fournir pour les petites structures.

Le Fonds de garantie des PME, réorganisé en 2020, vise précisément à partager une partie du risque avec les établissements financiers. La garantie publique ne remplace toutefois ni un modèle économique viable ni une capacité réelle de remboursement.

Le deuxième mur : trouver des clients

Une entreprise peut survivre sans crédit si elle vend. Elle ne peut pas survivre durablement sans clientèle.

L'accès aux marchés publics, à la sous-traitance des grandes entreprises et aux chaînes de distribution reste difficile pour les jeunes structures.

Il faut souvent présenter des références, une capacité financière, une régularité fiscale, des garanties et des moyens techniques qui dépassent ceux d'un projet récemment créé.

Les délais de paiement constituent également une menace. Une PME peut être rentable sur le papier et manquer d'argent parce qu'un client important paie plusieurs mois après la livraison.

L'accompagnement entrepreneurial doit donc dépasser la constitution du dossier. Il doit aider l'entreprise à améliorer ses produits, calculer ses prix, organiser sa comptabilité, prospecter et négocier des contrats.

Le CEPICI ne fait pas que créer des entreprises

Le CEPICI est également chargé d'attirer les investisseurs, d'administrer les avantages du Code des investissements, de recevoir les demandes de terrains industriels et d'accompagner les projets après leur implantation.

En 2023, il a agréé 1 000,15 milliards de FCFA de projets d'investissement privés.

Ce montant ne correspond pas nécessairement à de l'argent déjà entièrement dépensé. Un investissement agréé est un projet validé pour bénéficier du Code des investissements, sur la base de dépenses et d'emplois prévus. Sa réalisation effective doit ensuite être contrôlée.

Cette distinction est essentielle :

  • un investissement annoncé est une intention ;
  • un investissement agréé est un projet administrativement accepté ;
  • un investissement réalisé correspond aux dépenses effectivement engagées ;
  • les emplois prévisionnels ne sont pas encore les emplois créés.

Le Burkina Faso, premier investisseur étranger en 2023

Les investissements directs étrangers représentaient 51 % du montant agréé en 2023.

Parmi ces investisseurs étrangers, le Burkina Faso occupait la première place avec 11 %, devant la Turquie avec 7 %, puis la France, la Chine et le Togo avec 5 % chacun. Les projets burkinabè identifiés concernaient notamment la cimenterie, les emballages et le transport.

Cette première place concernait l'année 2023 et les projets agréés par le CEPICI. Elle ne signifie pas que le Burkina Faso est durablement le premier investisseur étranger de Côte d'Ivoire pour tous les indicateurs.

Le classement peut être fortement modifié par un ou deux grands projets sur une année.

En 2025, les données avaient déjà changé : les capitaux ivoiriens représentaient 51 % des 812,67 milliards de FCFA agréés, tandis que la France arrivait en tête des investisseurs étrangers, devant la Chine et Singapour.

Ce que cela change pour vous

Vous avez un projet

L'immatriculation n'est plus le principal obstacle. Préparez cependant avant la création votre clientèle cible, vos coûts, votre trésorerie et votre besoin de financement. Le RCCM doit servir un projet, pas le remplacer.

Vous exercez dans l'informel

La bonne question n'est pas seulement « dois-je me formaliser ? », mais « quel marché la formalisation me permettra-t-elle d'atteindre ? ». Un contrat, un gros client ou une activité nécessitant des factures peut constituer le véritable déclencheur.

Vous vivez dans la diaspora

La plateforme réduit la nécessité de se déplacer. La vigilance doit porter sur le partenaire local, l'adresse du siège, les pouvoirs accordés, la gouvernance bancaire et les moyens de suivre les opérations à distance.

Vous dirigez une PME en croissance

Le Code des investissements peut offrir des avantages fiscaux et douaniers selon le secteur, la zone et le montant investi. Depuis sa modification de 2024, il distingue un régime de déclaration et un régime d'agrément, avec un seuil d'investissement de 50 millions de FCFA pour les PME relevant de ce dernier régime.

Les chiffres clés

Indicateur Valeur Année
Créations d'entreprises 23 940 2022
Créations d'entreprises 26 116 2023
Créations d'entreprises 25 477 2024
Créations d'entreprises 26 948 2025
Moyenne par jour calendaire 73,8 2025
Délai moyen constaté 8,8 jours 2025
SARL 21 538, soit 79,9 % 2025
Entreprises individuelles 4 523, soit 16,8 % 2025
Créations dans les services 76,6 % 2025
Investissements agréés 1 000,15 milliards de FCFA 2023
Investissements agréés 812,67 milliards de FCFA 2025

Frise chronologique

Date Évolution
1960 Entrepreneuriat surtout agricole, commercial, artisanal et peu sociétisé
1968 Renforcement des politiques de promotion des PME ivoiriennes
Années 1970 Ivoirisation des cadres et soutien aux entrepreneurs nationaux
1993 Création juridique du CEPICI
2012 Restructuration du CEPICI en guichet unique de l'investissement
2013-2014 Accélération des réformes de création d'entreprise
2014 Possibilité accrue de constituer certaines SARL sans notaire
Octobre 2018 Lancement de 225Invest, E-Entreprise et de l'Identifiant unique
2022 23 940 entreprises créées
2023 Plus de 26 000 créations et 1 000 milliards de FCFA agréés
2025 26 948 créations, mais délai moyen porté à 8,8 jours
2026 Renforcement annoncé des plateformes et du suivi des investissements

Ce qu'il faut désormais surveiller

Le nombre annuel de créations restera utile, mais il ne suffira plus.

Le véritable tableau de bord devrait suivre :

  1. la part des dossiers entièrement traités en ligne ;
  2. le délai médian et non seulement la moyenne ;
  3. la part des entreprises ayant déclaré un premier chiffre d'affaires ;
  4. la survie à un, trois et cinq ans ;
  5. les emplois effectivement créés ;
  6. l'accès au crédit ;
  7. les délais de paiement ;
  8. la part des entreprises créées hors d'Abidjan ;
  9. les passages réels de l'informel au formel ;
  10. la réalisation effective des investissements agréés.

La deuxième révolution entrepreneuriale

La Côte d'Ivoire a considérablement facilité l'entrée dans l'économie formelle.

Il n'est plus nécessaire de consacrer des semaines à courir entre plusieurs administrations pour obtenir les principaux documents d'existence d'une entreprise. Les statuts de certaines sociétés peuvent être préparés sans notaire et le dossier peut être transmis en ligne.

C'est une transformation majeure.

Mais une économie ne se développe pas uniquement grâce au nombre de RCCM délivrés.

Elle se développe lorsque les entreprises facturent, innovent, recrutent, paient leurs fournisseurs, remboursent leurs financements et deviennent progressivement capables d'investir.

La première révolution entrepreneuriale ivoirienne a consisté à rendre l'immatriculation plus rapide et plus accessible.

La seconde devra permettre à une entreprise formelle de trouver plus facilement des clients, du financement et les moyens de survivre.

L'essentiel à retenir

  1. L'entrepreneuriat ivoirien existait bien avant l'immatriculation moderne, dans l'agriculture, le commerce et l'artisanat.
  2. Le CEPICI a été créé en 1993 et restructuré en guichet unique de l'investissement en 2012.
  3. Certaines SARL peuvent aujourd'hui être constituées sans acte notarié.
  4. La création en ligne et l'Identifiant unique sont opérationnels depuis 2018.
  5. Le CEPICI a enregistré 26 948 créations en 2025, soit environ 74 par jour.
  6. Le délai moyen réel a toutefois atteint 8,8 jours en 2025, loin de la promesse théorique de 24 heures.
  7. Les services représentent 76,6 % des créations et les SARL près de 80 %.
  8. Le principal indicateur manquant est le taux de survie des nouvelles entreprises.