Cacao, or, Brent : ce que ces cours changent pour vous
Le cacao perd 19 % sur un an, le Brent gagne 54 %, l'or 18 %. Ce que ces mouvements changent, ou non, pour le planteur, l'automobiliste et l'État ivoirien.
Le cacao a perdu 19 % en un an, le Brent en a gagné 54 %, l'or 18 %. Pour la Côte d'Ivoire, ces trois courbes ne se traduisent pas de la même façon dans la vie quotidienne, et pour le planteur, elles ne changent rien du tout cette saison.
Où en sont les trois cours
À la clôture du 16 septembre 2026, la tonne de cacao cotait 5 963 dollars à New York. Sur les douze derniers mois, elle a touché un plus haut à 7 385 dollars le 17 septembre 2025 et un plus bas à 2 798 dollars le 27 février 2026. Le cours recule de 1,34 % en un mois, par rapport aux 6 044 dollars du 17 août, et de 19,10 % en un an, par rapport aux 7 371 dollars du 16 septembre 2025.
L'once d'or valait 4 391,30 dollars le 16 septembre 2026. Son plus haut de l'année écoulée remonte au 29 janvier 2026, à 5 318,40 dollars, son plus bas au 18 septembre 2025, à 3 678,30 dollars. Sur un mois, le métal cède 1,84 % ; sur un an, il gagne 17,88 %.
Le baril de Brent cotait 105,42 dollars le 16 septembre 2026, après un plus haut à 118,35 dollars le 31 mars 2026 et un plus bas à 58,92 dollars le 16 décembre 2025. Sur un mois, il bondit de 16,01 % ; sur un an, de 53,97 %.
Le cacao : le planteur ne dépend pas de New York cette saison
C'est le point le plus important, et le plus mal compris. Pour la campagne principale 2026-2027, le Conseil du Café-Cacao a fixé le prix bord champ garanti à 1 200 FCFA le kilogramme de fèves bien fermentées, bien séchées et bien triées, annonce faite le 1er septembre 2026 à l'ouverture des Journées nationales du cacao et du chocolat.
Ce prix est garanti pour toute la campagne. Une tonne vendue bord champ rapporte donc 1 200 000 FCFA au planteur, que la tonne cote 5 963 dollars à New York aujourd'hui, davantage en décembre ou moins en mars. La baisse de 19 % enregistrée sur un an à l'international ne vient pas amputer ce montant, et une remontée ne l'augmentera pas non plus.
Là où les cours mondiaux comptent, c'est en amont : c'est sur eux que l'État calcule le prix garanti avant chaque campagne, et c'est d'eux que dépendent les recettes d'exportation du pays. Le passage de 2 798 dollars fin février à 5 963 dollars aujourd'hui montre l'ampleur des mouvements sur ce marché, celle-là même que le prix garanti est censé absorber pour le producteur.
Depuis le 1er septembre, 38 000 producteurs ont vendu avec la nouvelle carte producteur, pour environ 26 000 tonnes achetées bord champ, comme nous le racontions le 15 septembre.
Le Brent : 16 % en un mois, et rien à la pompe
Le pétrole est le cours qui touche le plus directement les ménages ivoiriens, et c'est aussi celui qui a le plus bougé : plus 16,01 % en un mois.
Pourtant, le prix à la pompe n'a pas changé. Une note de la Direction générale des hydrocarbures datée du 31 août 2026 a maintenu, pour tout le mois de septembre, le litre de super sans plomb à 905 FCFA, le gasoil à 725 FCFA et le pétrole lampant à 780 FCFA. Un plein de 40 litres de super coûte donc 36 200 FCFA, exactement comme en août. Nous avions détaillé cette décision au 1er septembre.
La raison est administrative : les prix maxima de détail des produits pétroliers sont fixés mois par mois par l'État, pas par le marché au jour le jour. Un mois de hausse du Brent ne se voit donc pas immédiatement à la station, mais à la révision mensuelle suivante, ou dans le coût budgétaire si l'État choisit de ne pas la répercuter.
Un élément de mécanique à garder en tête : le pétrole s'achète en dollars, alors que le franc CFA est arrimé à l'euro à parité fixe, 1 euro valant 655,957 FCFA. La facture d'importation dépend donc autant du taux euro contre dollar que du cours du baril lui-même.
L'or : une recette d'État, pas un prix de tous les jours
L'or ne se lit pas comme le carburant. Aucun prix administré, aucune facture mensuelle pour les ménages : la hausse de 17,88 % en un an se traduit d'abord par des recettes d'exportation et des recettes fiscales plus élevées pour les mines en activité dans le pays, et par une meilleure rentabilité des projets miniers.
À l'inverse, le repli de 1,84 % sur un mois, et surtout la distance qui sépare le cours actuel du record de 5 318,40 dollars du 29 janvier 2026, rappellent que ces recettes ne sont jamais acquises. Nous ne disposons pas, à la date de publication, d'un chiffre officiel de production aurifère ivoirienne pour 2025 ou 2026 : nous nous en tiendrons donc à la tendance des cours.
À retenir
Trois marchés, trois logiques : le cacao est déconnecté du planteur pendant la campagne grâce au prix garanti de 1 200 FCFA/kg, le Brent est amorti par une décision administrative mensuelle, l'or ne concerne que les comptes de l'État. Un cours mondial n'arrive jamais tel quel dans un budget familial ivoirien : il passe toujours par un filtre, et ce filtre est ici public.
Sources
- ICE et COMEX via Yahoo Finance, clôtures du 16 septembre 2026 et séries d'un an relevées par Nafa : cacao (ICE New York), or (COMEX), Brent (ICE).
- AIP, 1er septembre 2026 : prix bord champ du cacao fixé à 1 200 FCFA/kg pour la campagne 2026-2027.
- Nafa, 1er septembre 2026, prix maxima des produits pétroliers pour septembre 2026, note de la Direction générale des hydrocarbures du 31 août 2026.
- Nafa, 15 septembre 2026, carte producteur et campagne 2026-2027, d'après l'AIP citant le Conseil du Café-Cacao.
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