Contrôle des gbakas et taxis : les passagers vont-ils payer le prix de la mise en conformité ?

Une opération de mise en conformité vise les transports du Grand Abidjan. Documents contrôlés, fourrière, tarifs : ce que les passagers doivent savoir.

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Contrôle des gbakas et taxis : les passagers vont-ils payer le prix de la mise en conformité ?
CONTRÔLES : LES PASSAGERS VONT-ILS PAYER ?
Depuis le 1er août 2026, une opération spéciale vise les véhicules de transport urbain et interurbain du Grand Abidjan. Pour les usagers, la vraie question n'est pas seulement de savoir quels papiers seront contrôlés, mais si des véhicules seront retirés de la circulation et si les coûts finiront dans le prix du trajet.

Taxis compteurs, wôrô-wôrô, taxis banalisés, gbakas, minicars et véhicules assurant les liaisons entre les villes sont appelés à régulariser leur situation administrative. L'annonce du ministère des Transports confirme le démarrage de l'opération, sans publier dans le même avis une liste exhaustive des pièces contrôlées, une date de fin ou un nouveau délai général de régularisation.

L'opération n'arrive pas par surprise. La Direction générale des transports terrestres et de la circulation l'annonçait dès juin, avec une première étape pour les gbakas : retirer volontairement les « dabagaou » et ajuster les bavettes avant le 30 juin, pendant qu'un nouveau système de ré-immatriculation délivrait des documents provisoires. La phase de contrôle qui commence est la suite logique de ce calendrier.

Les documents à surveiller

Les démarches officielles relatives au transport public permettent néanmoins d'identifier les documents essentiels : carte grise, vignette, visite technique valide, attestation d'assurance, inscription au registre des transporteurs et carte de transport liée au véhicule. Les plaques d'immatriculation absentes, dégradées ou illisibles font aussi partie des défauts visés.

Pour un taxi ou un véhicule de transport public, la carte grise doit également correspondre à l'usage du véhicule. Un conducteur peut donc avoir son permis en règle alors que le véhicule ou l'activité du propriétaire ne l'est pas.

La mise en conformité ne concerne pas seulement un papier oublié. Elle peut impliquer le renouvellement d'une visite technique, une assurance, une carte de transport ou la régularisation du statut de l'exploitant.

Un véhicule peut être immobilisé ou envoyé en fourrière

Le ministère des Transports classe parmi les motifs de mise en fourrière le défaut de visite technique, l'absence d'assurance, l'utilisation d'un véhicule de transport en commun sans autorisation de mise en circulation et le non-respect des règles du transport public.

Une immobilisation doit normalement permettre de faire cesser l'infraction. Lorsqu'elle n'est pas levée dans un délai de 48 heures, le véhicule peut être mis en fourrière.

Le précédent de mars donne la mesure : lors de la phase répressive de l'opération Tolérance zéro, du 1er au 17 mars 2026, 167 véhicules avaient été saisis, dont 95 pour visite technique expirée, 16 pour défaut d'assurance et 56 pour mauvais état physique.

Si les contrôles retirent temporairement de nombreux véhicules d'un axe, les passagers peuvent subir plus d'attente et moins de places disponibles. Cet effet reste toutefois à mesurer sur le terrain : aucun chiffre officiel ne permet encore d'affirmer qu'une pénurie de taxis ou de gbakas est installée.

Qui supportera la facture ?

Juridiquement et administrativement, la régularisation relève d'abord du propriétaire ou de l'exploitant. Dans la pratique, le chauffeur peut subir une baisse de recette pendant l'immobilisation ou une hausse du montant journalier réclamé par le propriétaire.

Le risque est alors que certains tentent de récupérer cette dépense auprès des passagers. Mais l'opération du 1er août ne s'accompagne pas, à ce stade, d'une annonce officielle autorisant une hausse générale des tarifs.

Avant d'accepter une augmentation justifiée par « les nouveaux papiers », demandez si le tarif a réellement été modifié sur la ligne. Nafa comparera, pendant plusieurs jours, les temps d'attente, le nombre de véhicules disponibles et les prix demandés sur quelques grands axes.

Une route plus sûre a un coût. La question est de savoir si ce coût améliorera réellement l'état des véhicules ou deviendra simplement un nouveau prétexte pour faire payer davantage les passagers.

Sources