Riz, huile, sucre : comment savoir si votre boutique vous fait payer trop cher ?
Une opération nationale rend les prix plafonnés plus visibles. Voici comment comparer le bon produit, repérer une infraction et la signaler.
Depuis le 30 juillet 2026, une opération nationale doit rendre les prix plafonnés plus visibles dans les marchés, boutiques, supérettes et supermarchés. Mais pour défendre son pouvoir d'achat, encore faut-il comparer le bon produit, le bon format et le bon prix.
Un sachet de sucre, un bidon d'huile ou un sac de riz peut être vendu moins cher que le plafond fixé par l'État. Il ne doit pas être vendu au-dessus. Le premier réflexe n'est donc pas de demander pourquoi deux commerces pratiquent des prix différents, mais de vérifier si l'un d'eux dépasse le maximum autorisé.
Tous les riz n'ont pas le même plafond
Les produits concernés comprennent notamment le riz de grande consommation, l'huile de palme raffinée, le sucre, les pâtes alimentaires, la tomate concentrée et le lait. La baguette de pain est également visée par l'opération d'affichage lancée le 30 juillet à Marcory par le Conseil national de lutte contre la vie chère. Le ciment et la viande figurent aussi parmi les produits plafonnés recensés sur la plateforme officielle.
Attention : il n'existe pas toujours un prix unique pour toute une famille de produits. Pour le riz, le plafond dépend de la marque, de l'origine, du taux de brisure, du poids et parfois de la zone de vente. Pour l'huile, il faut comparer le même conditionnement. Une bouteille de 0,9 litre ne peut pas être confrontée directement à une bouteille d'un litre.
En février 2026, le gouvernement indiquait, par exemple, que le kilogramme de sucre roux préemballé était fixé à 825 FCFA, un tarif inchangé depuis février 2024. Les pâtes de référence de 200 grammes étaient vendues entre 195 et 225 FCFA selon les marques. La boîte de tomate concentrée de 2,2 kg se situait entre 2 500 et 2 535 FCFA, sous un plafond de 2 800 FCFA en vigueur depuis septembre 2023.
Pour connaître le plafond exact d'un produit, la référence est la plateforme officielle prixplafond.gouv.ci, qui publie les arrêtés et les listes de prix maxima par produit et par format.
L'absence d'affichage est déjà un problème
Le prix doit être visible avant le paiement. Un commerçant ne devrait pas attendre que le client arrive à la caisse pour lui annoncer le montant. Il doit également appliquer le prix affiché.
Avant de contester, photographiez l'étiquette, le produit et son grammage. Conservez le ticket ou notez le nom du commerce, le quartier, la date, l'heure et le prix demandé. Cette précision est essentielle : dire simplement « le riz est trop cher » ne permet pas d'identifier le plafond correspondant.
Le ministère invite les consommateurs à signaler aussi bien le dépassement d'un prix plafond que le défaut d'affichage au 1343, le numéro vert gratuit du ministère du Commerce. Son mot d'ordre, affiché lors du lancement de l'opération : « Défendez votre pouvoir d'achat, refusez de payer plus cher. »
Vérifier ne signifie pas accuser au hasard
Un prix supérieur à celui observé ailleurs n'est pas automatiquement illégal. Il faut d'abord s'assurer que le produit est effectivement soumis au plafonnement et que la comparaison porte sur la même référence.
Le taux de respect annoncé par le CNLVC avoisine 95 %. Cela signifie que la majorité des commerçants respecteraient les plafonds, mais aussi que les contrôles et les signalements restent utiles.
Le test Nafa à réaliser
Achetez le même panier dans une boutique de quartier, un marché et un supermarché : même marque, même quantité, même jour. Publiez les tickets, comparez chaque ligne au prix officiel et séparez clairement trois situations : prix inférieur au plafond, prix égal au plafond et prix supérieur.
Le vrai pouvoir du consommateur commence ainsi : vérifier avant de payer, garder une preuve et signaler précisément l'infraction.
Sources
- Ministère du Commerce · Opération nationale d'affichage des prix plafonnés, 30 juillet 2026
- AIP · Le CNLVC lance l'opération d'affichage des prix plafonnés des produits de grande consommation
- Gouvernement de Côte d'Ivoire · Rappel des produits et prix plafonnés, 10 février 2026
- Plateforme officielle des prix plafonnés