Cars, gbakas : après le drame du Bafing, une inspection nationale avec fourrière à la clé

Après l'opération du 1er août à Abidjan, place à la campagne nationale : inspection des cars, fourrière et fermetures possibles. Sans hausse de tarifs annoncée.

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Cars, gbakas : après le drame du Bafing, une inspection nationale avec fourrière à la clé
L'ARTI prépare une campagne nationale d'inspection technique et administrative des véhicules de transport en commun.

Après l'opération de mise en conformité lancée le 1er août à Abidjan, les autorités préparent l'étape suivante : une campagne nationale d'inspection technique et administrative des véhicules de transport en commun. Dans un secteur marqué par le drame du fleuve Bafing et ses 39 morts, les sanctions annoncées vont de la fourrière à la fermeture d'entreprise.

Le drame qui a changé le ton

Le 13 juillet 2026, sur l'axe Touba-Biankouma, un car de la compagnie Diarra Transport a quitté la route et plongé dans les eaux du fleuve Bafing. Le bilan, alourdi au fil des repêchages, s'est établi à 39 morts, dont le chauffeur et son apprenti, et 45 blessés. C'est l'un des accidents de la route les plus meurtriers qu'ait connus la Côte d'Ivoire ces dernières années.

Les premières conclusions de l'enquête ont établi un enchaînement évitable : le car, homologué pour 69 places, transportait 91 personnes ; la surcharge de passagers et de bagages, l'excès de vitesse et l'éclatement d'un pneu avant ont rendu le véhicule incontrôlable.

Les sanctions sont tombées vite. Dès le 24 juillet, le gouvernement a suspendu Diarra Transport à titre conservatoire, puis la carte de transporteur de la compagnie. Fin juillet, le propriétaire du car et le chef de gare ont été placés sous mandat de dépôt.

Ce que l'ARTI annonce maintenant

C'est dans ce contexte que l'Autorité de régulation du transport intérieur (ARTI) a annoncé, le 31 juillet, la préparation d'une campagne nationale de mise en conformité des véhicules de transport en commun. Son directeur général, Assamoua Désiré N'Zi, l'a précisé lors d'une visite d'inspection des cars de Diarra Transport au centre de contrôle technique SICTA de Yopougon.

Le principe annoncé : un calendrier sera publié, avec un délai permettant à tous les opérateurs de se régulariser.

Mais l'ARTI prévient déjà : à l'issue de ce délai, les véhicules non conformes pourront être mis en fourrière, avec l'appui des forces de l'ordre, et les sanctions pourront aller, pour les situations les plus graves, jusqu'à la fermeture de l'entreprise de transport.

Il faut distinguer cette future campagne nationale de l'opération de mise en conformité administrative démarrée le 1er août dans le Grand Abidjan, que nous avons détaillée : documents exigés, plaques, retrait des « dabagaou » (lire notre article : ce que les contrôles du 1er août changent pour les gbakas et taxis). L'opération d'Abidjan cible d'abord les papiers et l'identification des véhicules ; la campagne nationale à venir visera aussi l'état technique des cars, sur tout le territoire.

Les comportements aussi dans le viseur

Au-delà des documents, les contrôles annoncés portent sur les comportements dangereux : surcharge de passagers, excès de vitesse, stationnements anarchiques ou non-respect des feux tricolores.

Ce n'est pas un hasard : la surcharge est précisément l'une des causes établies du drame du Bafing. Un car qui embarque 91 personnes pour 69 places autorisées n'est pas une infraction administrative, c'est un facteur direct d'accident mortel.

Est-ce que cela peut faire augmenter le prix du transport ?

Pour l'instant, aucune hausse générale des tarifs n'a été annoncée à cause de ces opérations.

Un propriétaire qui doit réparer son véhicule, renouveler certains documents ou régulariser son immatriculation peut évidemment supporter des dépenses supplémentaires. Mais les autorités n'ont pas publié, dans les communications consultées, un coût unique de « mise en conformité » applicable à tous les véhicules. Impossible donc d'affirmer qu'un gbaka devra payer, par exemple, 50 000 ou 100 000 FCFA pour se mettre en règle.

Surtout, les représentants des transporteurs ont réaffirmé leur volonté de ne pas augmenter les tarifs, malgré la récente hausse du carburant (notre article sur ce que les engagements des transporteurs et commerçants valent vraiment).

Pour les passagers, il n'existe donc à ce stade aucune justification officielle pour voir le prix d'un trajet augmenter au motif des nouveaux contrôles.

Ce que les usagers pourraient réellement constater

À court terme, l'effet le plus visible pourrait être la disparition progressive de certains véhicules manifestement non conformes, le temps pour leurs propriétaires de régulariser leur situation.

L'effet recherché à plus long terme est un parc de transport collectif mieux identifié, assuré, contrôlé techniquement et plus sûr.

Mais il faudra observer les contrôles sur le terrain, et surtout la publication du calendrier de la campagne nationale, pour savoir si cette séquence modifie réellement les habitudes du secteur ou si elle rejoint la longue liste des campagnes déjà lancées par le passé. Le drame du Bafing a montré le coût de l'inaction ; la suite dira si la leçon a porté.

À retenir : Après le drame du Bafing (39 morts, car en surcharge de 91 passagers pour 69 places), l'ARTI prépare une campagne nationale d'inspection des véhicules de transport en commun : un délai de régularisation, puis la fourrière pour les véhicules non conformes et, dans les cas les plus graves, la fermeture de l'entreprise. Aucune hausse des tarifs de transport n'est annoncée ni justifiée à ce stade.

SOURCES